Mobilisons-nous contre les risques des boissons énergisantes chez les jeunes
Au Québec, les boissons énergisantes sont en vente libre, malgré des risques réels, bien documentés pour la santé.
Mouvement Zachary Miron
Les dangers sont connus.
L’inaction persiste.
L’Institut national de santé publique du Québec a publié en 2010 un document de référence faisant état de recommandations et de mises en garde concernant la consommation de boissons énergisantes, notamment par les jeunes et les risques cardiovasculaires qui y sont liés
Un rapport d’une cinquantaine de pages issu d’un comité consultatif proposait notamment, dès 2023, d’interdire la vente de boissons énergisantes aux jeunes. Cette recommandation est appuyée par la Direction nationale de santé publique (DNSP).
Malgré les constats et avertissements répétés, aucune mesure concrète n’a encore été mise en place afin d’assurer une meilleure protection des jeunes. Pendant ce temps, des incidents graves, allant jusqu’à la mort, continuent de survenir. Des familles québécoises restent encore peu informées des dangers associés à ces produits largement consommés par les adolescents.
La science et le milieu médical
confirment l'urgence d'agir.
Cinq nouveaux alliés du milieu de la santé se joignent au Mouvement Zachary Miron
La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), l’Association québécoise des médecins du sport et de l’exercice (AQMSE), l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), l’Ordre des hygiénistes dentaires (OHDQ) et la Fédération médicale étudiante du Québec font désormais partie du regroupement et demandent des gestes immédiats du gouvernement.
Des départements de pédiatrie tirent la sonnette d’alarme
Les directions des départements de pédiatrie du CHU Sainte-Justine, du CUSM et du CIUSSS de l’Estrie dénoncent les boissons énergisantes comme un véritable angle mort de santé publique chez les jeunes. Elles demandent des actions concrètes pour mieux protéger les enfants et les adolescents.
Les pharmaciens recommandent le retrait des boissons énergisantes
L’Ordre des pharmaciens du Québec recommande de retirer les boissons énergisantes des commerces liés aux pharmacies, jugeant leur présence incohérente avec la mission de santé publique du milieu pharmaceutique.
Des organisations du sport et de la santé se joignent à la cause
Des organisations majeures des milieux du sport, de l’activité physique et de la santé unissent leur voix pour demander un meilleur encadrement de la vente de boissons énergisantes aux mineurs.
L'inaction peut coûter la vie.
Zachary avait 15 ans.
En janvier 2024, Zachary Miron, 15 ans, perd la vie après avoir consommé une boisson énergisante lors d’une sortie scolaire en ski. Le rapport de la coroner est sans équivoque : le mélange d’un médicament pour le TDAH et d’une seule canette de boisson énergisante lui a été fatal.
Le décès de Zachary n’est pas seulement une tragédie familiale. C’est un signal d’alarme pour tout le Québec : comment aurions-nous pu prévenir un tel décès alors que les risques étaient connus?
Aujourd’hui, ses parents, ainsi que de nombreux acteurs de plusieurs milieux, se mobilisent pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise. Leur objectif est clair : mieux protéger les jeunes et mieux informer les familles sur les risques liés à la consommation de boissons énergisantes, avec ou sans médication associée.
La solution est pourtant simple.
Réduire l’accessibilité des boissons
énergisantes aux adolescents.
Au Québec, les boissons énergisantes demeurent facilement accessibles et populaire auprès des jeunes. Cela contribue à banaliser leur consommation, alors que la littérature scientifique documente clairement les risques et effets indésirables, surtout chez les adolescents.
Les conséquences sont bien réelles et vécues par les professionnels sur le terrain.
Les données d’opinion confirment le mouvement.
Un sondage de Léger démontre un appui significatif à un meilleur encadrement de la vente des boissons énergisantes, et plus de 35 000 signatures à la pétition ont été recueillies.
Des précédents réglementaires cohérents existent déjà.
Au Québec comme ailleurs, plusieurs produits ou comportements sont encadrés lorsqu’ils présentent des risques pour les mineurs.
Par exemple :
- Les vapoteuses sont déjà restreintes.
- Les écrans sont encadrés dans les écoles parce que leurs effets sur la santé mentale et l’attention sont reconnus.
- Les adolescents n’ont pas accès au permis de conduire avant un certain âge, car la maturité et le jugement nécessaires se développent progressivement.
Chaque semaine où rien ne change est une semaine où d’autres familles, comme celle de Zachary, sont exposées au danger que représentent les boissons énergisantes chez les jeunes.
Des pays ont déjà agi.
À quand pour le Québec?
Plusieurs juridictions ont choisi de mieux protéger leurs jeunes face aux boissons énergisantes. En Europe, la Lettonie, la Lituanie et la Norvège interdisent déjà leur vente.
Du côté du Royaume-Uni, le débat est bien avancé et des consultations publiques ont été menées récemment.
Au Québec, nous avons tous les éléments en main pour favoriser une prise de décision rapide de la part du gouvernement.
Une mobilisation historique est en cours.
Des parents, des jeunes, les milieux sportifs et de la santé ainsi que des organisations scolaires se sont unis pour faire avancer le dossier.
Une grande proportion de la population québécoise se dit également favorable à une interdiction de la vente de boissons énergisantes aux jeunes, selon un sondage de l’Association pour la santé publique du Québec.































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Ligne du temps
2003 à 2013
Santé Canada recense 143 effets indésirables touchant 65 personnes et 3 décès potentiellement liés aux boissons énergisantes, 1 jeune homme de 18 ans et 2 adolescents.
2010
Des experts mandatés par Santé Canada recommandent de traiter les boissons énergisantes comme des médicaments, afin d’assurer une surveillance accrue.
L’Institut national de santé publique du Québec recommande de ne pas classer les boissons énergisantes comme des aliments, en raison des effets importants de la caféine ajoutée.
2013
Malgré les mises en garde, Santé Canada reclassifie les boissons énergisantes comme de simples aliments, plutôt que comme produits de santé naturels.
2015
Une étude du chercheur David Hammond (Université de Waterloo) révèle que près de 1 jeune consommateur sur 2, ayant participé à l’étude, âgé de 12 à 24 ans, rapporte au moins un effet indésirable.
2015
Un avis juridique remis au gouvernement du Québec recommande de mettre en place une loi interdisant la vente de boissons énergisantes aux mineurs.
2019
Un reportage à l’émission Enquête, « Stimulant à mort », relance les préoccupations entourant les boissons énergisantes.
2023
Un comité consultatif mis sur pied par la CAQ recommande d’interdire la vente de boissons énergisantes caféinées aux jeunes, avec l’appui de la Direction nationale de santé publique.
12 janvier
2024
Zachary Miron, 15 ans, décède lors d’une sortie scolaire de ski après avoir consommé une boisson énergisante.
8 décembre
2025
À la suite du rapport de la coroner concernant le décès de Zachary Miron, Radio-Canada diffuse un reportage, « Enquête : Cocktail mortel » mettant de l’avant les risques des boissons énergisantes sur les jeunes.
Mars et avril
2026
Lancement et dépôt d’une pétition pour l’encadrement des boissons énergisantes par la famille Miron à l’Assemblée nationale du Québec.
6 mai 2026
Les pharmacies Familiprix retirent complètement les boissons énergisantes de l’ensemble de ses pharmacies jusqu’à ce que les autorités publiques établissent des paramètres d’accès plus encadrés pour ces produits.
5 juin 2026
Dépôt du projet de loi visant à interdire la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans.
9 juin 2026
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n°9, Loi visant à prévenir les effets nocifs de la boisson énergisante sur la santé des jeunes et nouvel appui de taille de L’Association des cardiologues du Québec.
11 juin 2026
Adoption du projet de loi interdisant la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans.
Mouvement Zachary Miron
Références
- Centre de presse de Radio-Canada, « Stimulant à mort - Enquête sur les boissons énergisantes », 24 octobre 2019.
- Centre de presse de Radio-Canada, « Cocktail mortel - Enquête sur le mélange des médicaments pour le TDAH et les boissons énergisantes », 8 décembre 2025.
- Gouvernement du Québec, page « Boissons énergisantes », mise à jour du 3 février 2026.
- INSPQ, page « Les boissons énergisantes contenant de la caféine ».
- INSPQ, publication « Energy drinks: Threatening or commonplace? An update » / « Les boissons énergisantes : entre menace et banalisation ».
- INSPQ, publication « Boissons énergisantes : risques liés à la consommation et perspectives de santé publique ».
- Association québécoise des médecins du sport et de l’exercice, énoncé de position, publication «Les boissons énergisantes et le sport », mise à jour de 2019.
- Société canadienne de pédiatrie, documents de principes « Les boissons pour sportifs et les boissons énergisantes chez les enfants et les adolescents », reconduit 12 janvier 2026.
- Article de presse initial sur le décès à Morin-Heights, janvier 2024.
- Lovdata (Norvège), règlement interdisant la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans, en vigueur le 1er janvier 2026.
- GOV.UK, engagement et consultation sur l’interdiction de vente des boissons énergisantes hautement caféinées aux moins de 16 ans en Angleterre, 2025.